| KINSHASA:
DERAPAGE MONETAIRE, VICE-PRESIDENCE CHARGEE DE L’ECONOMIE ET BANQUE
CENTRALE PAS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE
(D.I.A.
- KINSHASA) –
La monnaie nationale a subi une forte dépréciation ces
derniers temps. Sur certaines places, la devise congolaise s’échange
déjà à 500 francs congolais contre 1$ américain.
Face à ce dérapage la vice-présidence chargée
du secteur économique et financier et la Banque centrale du Congo
n’émettent pas sur la même longueur d’onde.
M. Jean-Pierre Bemba, vice-président de la commission de l’économie
et finance, a fait le constat d’une dérive importante de
la monnaie nationale au cours d’un point de presse en début
de semaine. Le vice -président Bemba a déploré
que les dépenses urgentes de souveraineté de l’ordre
de 33 millions de dollars américains aient amené le gouvernement
à faire tourner la planche à billets en juin et décembre
2004. Le vice-président a stigmatisé l’inflation
de missions ministérielles tant à l’intérieur
qu ‘à l’extérieur du pays et ce aux frais
exorbitants relatifs, « 17 milliards au lieu de 5 milliards de
francs congolais » préalablement votés. L’homme
d’Etat affirme que ce dépassement a contribué au
dérapage monétaire.
Dans la foulée, l'homme d'Etat congolais a aussi épinglé
la Banque centrale du Congo, Bcc, dont il a qualifié la gestion
de peu orthodoxe pour ce qui est des fonds propres. Le vice-président
a accusé l’institution financière d’avoir
recouru aux avances monétaires en vue de faire face aux frais
fixes de son fonctionnement. En définitive, M. Jean-Pierre Bemba
a déploré que le déficit cumulé des opérations
de l’Etat et celui du compte d’exploitation de la Bcc aient
atteint 45 milliards de francs congolais sans contrepartie.
Des sources proches de la Banque centrale du Congo ont tenté
d' expliquer la dérive actuelle. La dépréciation
économique comporte deux causes, budgétaire et monétaire,
déclarent ces sources. Pour ces dernières la planche à
billets a servi entre autres à faire face aux agressions armées
à Bukavu et à Kanyabayonga dans l’Est du pays. Cet
engagement de la Banque centrale a voulu répondre à une
demande gouvernementale. De manière globale, les sources proches
de la Banque centrale ont tenté de minimiser le déficit
qu'a déploré le vice-président. Elles expliquent
que le déficit autorisé par le Fonds monétaire
international, Fmi, est de 16 milliards de francs congolais. La Banque
est à 19 milliards de francs congolais soit un déficit
qualifié de léger par lesdites sources. Celui-ci représente
la somme de 3 milliards. Les sources demandent plutôt au gouvernement
de pratiquer une bonne politique et la Banque va offrir de bonnes finances
au pays.
Au-delà de cette différence d’approche, le vice-président
Bemba a proposé quelques pistes de solution comme la réduction
au minimum du train de vie du gouvernement et la lutte contre la fraude
douanière et fiscale, un fléau en République Démocratique
du Congo, RDC. Il a également demandé la limitation de
la masse monétaire en circulation, plus de 112 milliards de francs
congolais, en vue de réduire le taux d’inflation en RDC.
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AGENCE DIA |