FOMEKANEWS 07/03/05 EC1452FRA

KINSHASA: DERAPAGE MONETAIRE, VICE-PRESIDENCE CHARGEE DE L’ECONOMIE ET BANQUE CENTRALE PAS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE

(D.I.A. - KINSHASA) – La monnaie nationale a subi une forte dépréciation ces derniers temps. Sur certaines places, la devise congolaise s’échange déjà à 500 francs congolais contre 1$ américain. Face à ce dérapage la vice-présidence chargée du secteur économique et financier et la Banque centrale du Congo n’émettent pas sur la même longueur d’onde.
M. Jean-Pierre Bemba, vice-président de la commission de l’économie et finance, a fait le constat d’une dérive importante de la monnaie nationale au cours d’un point de presse en début de semaine. Le vice -président Bemba a déploré que les dépenses urgentes de souveraineté de l’ordre de 33 millions de dollars américains aient amené le gouvernement à faire tourner la planche à billets en juin et décembre 2004. Le vice-président a stigmatisé l’inflation de missions ministérielles tant à l’intérieur qu ‘à l’extérieur du pays et ce aux frais exorbitants relatifs, « 17 milliards au lieu de 5 milliards de francs congolais » préalablement votés. L’homme d’Etat affirme que ce dépassement a contribué au dérapage monétaire.
Dans la foulée, l'homme d'Etat congolais a aussi épinglé la Banque centrale du Congo, Bcc, dont il a qualifié la gestion de peu orthodoxe pour ce qui est des fonds propres. Le vice-président a accusé l’institution financière d’avoir recouru aux avances monétaires en vue de faire face aux frais fixes de son fonctionnement. En définitive, M. Jean-Pierre Bemba a déploré que le déficit cumulé des opérations de l’Etat et celui du compte d’exploitation de la Bcc aient atteint 45 milliards de francs congolais sans contrepartie.
Des sources proches de la Banque centrale du Congo ont tenté d' expliquer la dérive actuelle. La dépréciation économique comporte deux causes, budgétaire et monétaire, déclarent ces sources. Pour ces dernières la planche à billets a servi entre autres à faire face aux agressions armées à Bukavu et à Kanyabayonga dans l’Est du pays. Cet engagement de la Banque centrale a voulu répondre à une demande gouvernementale. De manière globale, les sources proches de la Banque centrale ont tenté de minimiser le déficit qu'a déploré le vice-président. Elles expliquent que le déficit autorisé par le Fonds monétaire international, Fmi, est de 16 milliards de francs congolais. La Banque est à 19 milliards de francs congolais soit un déficit qualifié de léger par lesdites sources. Celui-ci représente la somme de 3 milliards. Les sources demandent plutôt au gouvernement de pratiquer une bonne politique et la Banque va offrir de bonnes finances au pays.
Au-delà de cette différence d’approche, le vice-président Bemba a proposé quelques pistes de solution comme la réduction au minimum du train de vie du gouvernement et la lutte contre la fraude douanière et fiscale, un fléau en République Démocratique du Congo, RDC. Il a également demandé la limitation de la masse monétaire en circulation, plus de 112 milliards de francs congolais, en vue de réduire le taux d’inflation en RDC.

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