FOMEKANEWS 30/03/06 DH2040FRA

R.D.CONGO:UN TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL POUR L'EX-ZAIRE

(D.I.A. - KISHASA) - Un tribunal pénal international pour la RDC, République Démocratique du Congo, serait opportun et souhaitable. Cette préoccupation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Kinshasa), Cenco, a été portée à la connaissance du secrétaire général de l'Onu, M. Kofi Annan, par Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kisangani. Le prélat, qui est le président de la Cenco, a remis à M. Kofi Annan, un mémorandum des évêques de la RDC, lors de son passage à Kisangani, au cours de sa deuxième visite dans le pays du 21 au 23 mars 2006.
Mgr Laurent Monsengwo a souligné que s'il est impérieux que chaque personne réponde de ses actes devant la justice, et que dès lors la création de la Cour pénale internationale (Cpi) s'avère une avancée significative dans la dispensation de la justice dans le monde, il serait dommage sinon injuste qu'une cour de justice de compétence égale ne soit pas érigée pour examiner les mêmes crimes commis en RDC avant la création de la Cpi.
Face aux destructions massives causées à l'Etat et au peuple congolais par les guerres d'invasion du pays, le mémorandum a indiqué qu'il devrait être créé un fonds spécial international pour la reconstruction de la RDC, sans préjudice des dédommagements requis, le cas échéant, par les instances judiciaires internationales. Ainsi qu'ils l'ont écrit précédemment, et conformément aux engagements du sommet de Dares-Salaam, il semble nécessaire aux évêques congolais, selon le mémorandum, que tous les Etats de la sous-région (Afrique centrale et Afrique des Grands Lacs) s'engagent solennellement par un acte de non-agression. Ce pacte sera assorti de sanctions politiques et économiques de la part de la communauté internationale, à l'endroit des contrevenants (cf. mémorandum au secrétaire général de l'Onu, 14 février 2004, n° 1).
A propos de la ville de Kisangani, lit-on dans le mémorandum, les victimes de guerre, les familles et les confessions religieuses, notamment l'archidiocèse de Kisangani, devraient être indemnisées. Ceci conformément, est-il souligné, aux rapports pertinents qui ont été envoyés au secrétariat général de l'Onu. Des tests de toxicologie effectués sur plusieurs personnes révèlent une intoxication à l'acide barbiturique et/ou arsénique à un taux inquiétant (dans la ville de Kisangani), est-il affirmé dans le mémorandum. Il est émis le souhait qu'une équipe de laborantins outillés soit mise en place, pour approfondir cette question. Que la RDC puisse bénéficier des faveurs accordées aux pays pauvres très endettés (Ppte), en vue d'une relance économique rapide de ce pays victime d'une guerre par procuration, et que les Nations Unies aident le Congo à mettre sur pied une véritable armée républicaine intégrée, capable d'assurer la sécurité sont les autres souhaits ou recommandations de la
Cenco dans ce mémorandum émis à l'occasion de la visite de M. Kofi Annan au Congo. Lors de sa dernière visite, le 3 septembre 2001, rappelle le document au secrétaire général des Nations Unies, Kisangani sortait d'un cauchemar, le pays se remettait péniblement d'une guerre qui l'avait laissé exsangue au plan politique et économique, et la communauté internationale, dans un élan de générosité et de solidarité, était au chevet de son peuple. La Cenco remercie aussi le numéro un de l'Onu pour l'attention particulière qu'il ne cesse d'accorder à la pauvreté et à la misère des peuples les plus vulnérables dans le monde. « (.) Nous vous sommes reconnaissants pour votre engagement sans faille pour la cause de la paix dans le monde, engagement pour lequel vous avez reçu le Prix Nobel de la Paix en 2003 et le Prix Pax Christi International 2004 », affirme la Cenco dans ce mémorandum. Dans ce dernier est mise en lumière l'implication inlassable du secrétaire général de l'Onu dans la
recherche de solution aux crises politiques de nombre de pays africains : le Soudan, la République Centrafricaine, le Libéria, la Sierra Leone et les pays des Grands Lacs : la RDCongo, le Burundi et le Rwanda. « (.) Ces efforts de l'Onu en Afrique se sont étendus dans le domaine de la santé avec le sommet de Durban, axé sur la lutte contre le Vih/Sida », précise le mémorandum, qui souligne la volonté de M. Kofi Annan de réaliser la réforme de l'Onu.

AGENCE DIA